Le marché des deux-roues motorisés en France continue de refléter de profonds changements en 2025, marqués par une tendance baissière durable. Entre recul des immatriculations, transformation des usages et enjeux liés à la sinistralité, cette évolution soulève de nouvelles questions pour les conducteurs et les assureurs. Avec un contexte économique incertain et des attentes de mobilité qui évoluent, il est essentiel de comprendre les dynamiques à l’œuvre et les impacts sur les garanties et tarifs d’assurance deux-roues en 2026. Forts de plus de 12 ans d’expérience terrain en courtage assurance, nous vous proposons une analyse détaillée, enrichie de conseils pratiques pour mieux choisir votre contrat et anticiper les risques liés à votre profil.
- Le marché des deux-roues connaît une baisse globale des immatriculations d’environ 7 % en 2025, avec un recul particulièrement marqué sur les véhicules neufs (-15 à -20 %).
- Le marché de l’occasion amortit la chute, représentant près de 75 % des transactions malgré une légère baisse (2 à 4 %), signe d’un changement structurel vers des solutions économiques.
- Les cyclomoteurs enregistrent les plus fortes baisses, tandis que les motos, notamment les grosses cylindrées, restent plus stables.
- La sinistralité demeure dominée par les accidents corporels, qui représentent près de 80 % des sinistres, accentuant la vulnérabilité des deux-roues en zones urbaines.
- Les vols diminuent progressivement grâce à l’amélioration des dispositifs de sécurité, mais restent une menace majeure dans les grandes villes.
- Les assureurs doivent adapter leurs offres face à ces mutations, avec des garanties et tarifs qui varient fortement selon le profil et la localisation du conducteur.
Une baisse persistante des immatriculations : causes et conséquences
Le marché des deux-roues motorisés poursuit en 2025 une dynamique baissière amorcée dès 2024. Les chiffres officiels montrent un recul global de près de 7 % sur les immatriculations, avec un impact particulièrement visible sur les véhicules neufs. Ce segment accuse une chute comprise entre 15 % et 20 %, reflétant à la fois un contexte économique plus tendu et une offre moins innovante, particulièrement sur certaines catégories telles que les cyclomoteurs.
En 12 ans d’accompagnement clients, j’ai observé que ce ralentissement structurel est aussi lié à une évolution des usages : les consommateurs privilégient désormais des moyens de déplacement plus économiques, durables ou adaptés à la mobilité urbaine. De fait, la part de marché de l’occasion ne cesse de croître, atteignant près de 75 % des transactions, avec une baisse moindre (2 à 4 %). Ce basculement influence l’ensemble de la chaîne assurantielle, où la prise en compte des profils diversifiés et des risques associés devient essentielle.
Impact régional et profil utilisateur
Il est important de noter que ces tendances ne se répartissent pas uniformément sur le territoire français. Les zones urbaines denses telles que Paris, Lyon ou Marseille voient une concentration plus forte de véhicules d’occasion, tandis que la province peut présenter des dynamiques différentes, avec des véhicules neufs plus présents dans certaines régions. Les profils des conducteurs varient également, influençant directement les tarifs et garanties proposés par les assureurs.
| Segment | Évolution immatriculations 2025 | Part de marché (France) | Tendance prix moyen (Tarifs constatés en 2026) |
|---|---|---|---|
| Véhicules neufs | -15 à -20 % | 25 % | Stabilité à légère hausse |
| Véhicules d’occasion | -2 à -4 % | 75 % | Légère baisse en moyenne |
| Cyclomoteurs | -15 % et plus | 15 % | Hausse en raison de l’offre limitée |
| Motos fortes cylindrées | -3 à -5 % | 60 % | Stabilité tarifaire |
Le rôle incontournable du marché de l’occasion
Le segment de l’occasion est désormais un pilier du marché des deux-roues. Cette tendance s’explique d’abord par des facteurs économiques : la hausse des coûts des véhicules neufs, notamment des modèles électriques, pousse les consommateurs vers des solutions plus abordables. En 2026, le prix moyen d’un deux-roues d’occasion s’établit autour de 2 500 € à 4 000 €, contre 5 000 € à 8 000 € pour un véhicule neuf, selon la cylindrée et la marque.
De plus, l’occasion permet une plus grande flexibilité, qu’il s’agisse d’usage ponctuel ou de couverture des besoins de mobilité en zone urbaine. Les profils des acheteurs sont très diversifiés, englobant jeunes conducteurs, motards expérimentés à la recherche d’un second véhicule, ou encore usagers de mobilité douce avec des modèles moins puissants.
Cependant, sur le plan assurantiel, ce basculement vers l’occasion complexifie l’évaluation des risques. Les assureurs doivent prendre en compte l’historique du véhicule, son état général, et parfois l’absence de contrôles techniques obligatoires (où le sujet demeure controversé, cf. notre article sur le contrôle technique deux-roues). Cette nécessité d’adaptation se traduit souvent par une tarification différenciée et des garanties ajustées aux spécificités du parc roulant.
Le segment électrique : une croissance freinée par plusieurs obstacles
Le marché des deux-roues électriques progresse, mais reste encore marginal en 2025, notamment pour les modèles neufs. Plusieurs freins limitent l’adoption massive : prix élevés – souvent entre 6 000 € et 10 000 € –, autonomie perçue comme insuffisante (souvent moins de 100 km), et concurrence des alternatives de mobilité douce (trottinettes, vélos électriques…).
Sur le marché de l’occasion, on observe une évolution plus dynamique, avec des modèles électriques remis à neuf à des tarifs plus accessibles et une meilleure connaissance de l’entretien nécessaire. Néanmoins, l’assurance électrique deux-roues pose des questions spécifiques, notamment sur la couverture des batteries, la responsabilité en cas de défaillance technique et la valeur à neuf souvent élevée. Ces éléments doivent être soigneusement pris en compte lors du choix de votre contrat, pour éviter des surprises en cas de sinistre.
Les cyclomoteurs : un segment sous forte pression
Les cyclomoteurs sont les plus touchés par la baisse des immatriculations, avec une chute dépassant 15 % en 2025. Cette contraction résulte de plusieurs facteurs : une gamme de produits vieillissante, un désintérêt généralisé face à l’émergence de solutions plus tendance comme les trottinettes électriques, ainsi qu’une concurrence sévère des véhicules sans permis, qui séduisent une clientèle similaire.
Par ailleurs, la législation évolue, notamment sous l’impulsion de la loi Lemoine pour l’assurance, qui impose des garanties adaptées aux capacités et risques spécifiques de ce segment. En assurance, les profils les plus jeunes, souvent conducteurs de cyclomoteurs, font face à des tarifs plus élevés en raison du risque accru d’accident corporel. Je recommande de bien comparer les offres, voire de considérer des alternatives comme l’assurance deux-roues pour véhicules légers proposées par certaines compagnies à des tarifs dégressifs selon l’ancienneté et l’absence de sinistre (voir notre article sur l’assurance moto AMV à moindre coût).
Sinistralité : un défi constant pour les deux-roues
Les conducteurs de deux-roues restent particulièrement exposés aux accidents corporels, qui représentent près de 80 % des sinistres déclarés, selon les chiffres de la Sécurité routière et la Caisse nationale d’assurance maladie. Ces accidents entraînent souvent des blessures graves, du fait de la vulnérabilité des usagers, exposés aux chocs directs et aux risques de chute.
Les zones urbaines rassemblent la majorité des sinistres, notamment à proximité du domicile, où les trajets courts augmentent la fréquence des événements. Cette situation appelle à une vigilance accrue et à une adaptation des garanties, notamment en matière de protection corporelle et d’assistance.
Voici quelques conseils d’expert pour optimiser votre couverture : privilégier une assurance avec une garantie corporelle étendue, opter pour des options d’assistance rapide en cas d’accident, et bien vérifier les exclusions de garantie liées aux équipements (casque, vêtements de protection…). Ces points sont souvent négligés lors de la souscription.
Vols : une légère amélioration, mais le risque perdure
Si les vols de deux-roues montrent une légère diminution ces dernières années, grâce notamment à l’adoption généralisée de dispositifs antivol performants et à une meilleure traçabilité, le phénomène reste très présent, surtout en grandes agglomérations comme Paris ou Lille. Le taux de restitution s’améliore mais reste modéré.
Assurer son deux-roues contre le vol est donc indispensable. L’offre d’assurance propose souvent des options spécifiques telles que la garantie vol renforcée ou des dispositifs d’assistance en cas de disparition. Attention toutefois aux exigences parfois strictes des assureurs en matière d’antivols agréés, appelés à se généraliser dans les contrats, conformément à la réglementation énoncée par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR).
Les erreurs à éviter lors de la souscription d’une assurance deux-roues
- Négliger la sélection des garanties : La formule minimum au tiers est rarement suffisante, surtout en milieu urbain où les risques corporels sont élevés. Privilégiez au minimum une garantie responsabilité civile étendue et une protection corporelle adaptée.
- Ignorer les conditions liées aux équipements : Certains contrats excluent la garantie si vous ne portez pas un casque homologué ou des équipements spécifiques. C’est une source fréquente de refus d’indemnisation.
- Ne pas ajuster son contrat selon le profil : Le tarif d’assurance dépend fortement de la région, de l’âge, du modèle de deux-roues et de l’usage (loisir, déplacement quotidien…). Assurez-vous que votre assureur prenne bien ces critères en compte pour éviter une surprime excessive.
- Omettre de comparer les franchises et exclusions : La franchise peut varier de 150 € à plus de 1 000 € selon la garantie, impactant votre reste à charge en cas de sinistre.
- Éviter les contrats trop rigides : Certaines assurances n’autorisent pas le prêt ou le covoiturage occasionnel de votre deux-roues, ce qui peut poser problème en cas d’accident.
Conseils pratiques pour bien choisir votre assurance deux-roues en 2026
En 2026, face à un marché en transformation, voici mes recommandations issues de 12 années d’expérience :
- Évaluez précisément votre profil et vos usages : Usage urbain, périurbain, loisirs, fréquence d’utilisation : tous ces éléments influencent le risque et le tarif.
- Privilégiez une offre transparente sur les garanties et franchises : Optez pour un contrat clair, avec un service client accessible et réactif.
- Consultez les avis d’experts et les retours d’expérience : Par exemple, nos articles sur l’assurance franchise et l’assurance moto classique aident à mieux comprendre les subtilités du secteur.
- N’hésitez pas à comparer les offres : Les tarifs varient fortement selon les assureurs ; une bonne comparaison en ligne est essentielle.
- Pensez aux garanties complémentaires : Protection juridique, assistance en cas de panne, garantie du conducteur, etc. Ces options renforcent la sécurité et la sérénité.
Pour un panorama complet des solutions adaptées à la mobilité urbaine légère, notre article sur l’assurance pour vélos et trottinettes pourra également vous éclairer.
Questions fréquentes sur Assurance deux-roues
1. Quelles sont les garanties indispensables pour une assurance deux-roues ?
La garantie responsabilité civile est obligatoire et couvre les dommages causés à autrui. Il est conseillé d’ajouter la garantie corporelle du conducteur, la protection contre le vol, et une assistance en cas de panne ou d’accident pour une couverture complète.
2. Comment les tarifs d’assurance deux-roues évoluent-ils en 2026 ?
Les tarifs tendent à augmenter légèrement en raison de la sinistralité élevée et des coûts de réparation. Ils varient fortement selon le profil du conducteur, la région, le type de deux-roues et les garanties choisies.
3. Le contrôle technique est-il obligatoire pour les deux-roues ?
À ce jour, il n’est pas systématiquement obligatoire en France, malgré des débats en cours. Toutefois, certains assureurs peuvent exiger un contrôle technique pour certains modèles d’occasion. Pour plus d’informations, consultez notre dossier dédié.
4. Comment bien protéger un deux-roues électrique ?
Il faut vérifier que l’assurance couvre spécifiquement les batteries et composants électriques, souvent coûteux. Une garantie vol renforcée est aussi recommandée, ainsi que la prise en charge des réparations spécifiques.
Conclusion
Le marché du deux-roues motorisé en France traverse une période charnière, marquée par un recul des ventes neuves, une montée de l’occasion et une sinistralité particulièrement élevée. Cette situation requiert une adaptation fine des assurances aux profils et usages des conducteurs, en intégrant notamment les évolutions législatives (loi Lemoine, ANI, 100% Santé). J’encourage les conducteurs à analyser rigoureusement leurs besoins, à privilégier les garanties complètes, et à ne pas hésiter à recourir à un expert pour optimiser leur couverture tout en maîtrisant les coûts.
Pour approfondir, nos articles sur l’assurance moto, la protection étendue des véhicules deux-roues ou encore la gestion des franchises en assurance vous apportent des conseils pratiques et des solutions adaptées.
Sources officielles : service-public.fr, ameli.fr, sécurité-routière.gouv.fr.
Disclaimer : Cet article a un objectif informatif fondé sur les données et tendances constatées en 2025-2026. Il ne remplace pas un conseil personnalisé d’un courtier ou professionnel de l’assurance. Les tarifs et offres mentionnés varient selon les profils, les régions et l’évolution réglementaire. Veuillez consulter des spécialistes pour analyser votre situation particulière avant toute souscription.