Alstom voit son action progresser légèrement ce mardi, après une communication jugée plutôt rassurante liée à ses résultats annuels préliminaires publiés le 17 avril, date à laquelle le groupe avait retiré ses prévisions, provoquant une chute de 27 % du titre. Le nouveau directeur général, Martin Sion, en poste depuis début avril, insiste sur la nécessité d’améliorer la rigueur opérationnelle au quotidien, avec un meilleur pilotage, une planification renforcée et une coordination accrue entre les différentes fonctions de l’entreprise.
- Après une forte baisse en avril, le titre Alstom se stabilise grâce à des résultats annuels jugés conformes et des détails financiers rassurants.
- Plusieurs banques maintiennent leurs recommandations, mais soulignent aussi les problèmes persistants liés à l’exécution et au besoin en fonds de roulement.
- Le principal défi reste la mise en œuvre du plan révisé pour améliorer la génération de trésorerie, particulièrement au premier semestre 2027.
Des résultats conformes mais avec un plan d’amélioration à mettre en œuvre
Le titre Alstom reprend 1 % à 17 euros suite à une publication jugée globalement rassurante. Les résultats annuels préliminaires, présentés le 17 avril, avaient initialement entraîné une chute du titre de 27 % en raison du retrait des prévisions. Le directeur général, Martin Sion, souligne désormais que la priorité absolue est d’améliorer la qualité d’exécution, notamment en adoptant un pilotage opérationnel quotidien plus rigoureux, en renforçant la discipline de planification, et en améliorant la coordination entre ingénierie, chaîne logistique et production.
Les avis des brokers : prudence et ajustements
Les analystes restent globalement positifs, tout en ajustant leurs attentes. JP Morgan confirme sa recommandation à surpondérer, avec un objectif de cours abaissé de 28 à 27 euros, soulignant que les résultats sont conformes aux prévisions et comportent des éléments rassurants : un EBIT ajusté supérieur de 3 % aux estimations, ainsi qu’un flux de trésorerie disponible légèrement meilleur que prévu. Deutsche Bank maintient son objectif de 20 euros, tandis que Citi salue la mise à jour concernant la marge brute du carnet de commandes et les prévisions de production comme des points positifs. Pour cette dernière, la conférence investisseurs prévue début 2027 sera un événement clé pour le titre.
Des difficultés opérationnelles anticipées
Barclays fait part de ses inquiétudes, estimant que les comptes 2026 confirment la probabilité de problèmes futurs. Le groupe doit faire face à un décalage persistant entre résultats comptables et flux de trésorerie sous-jacent, dû notamment aux variations importantes du besoin en fonds de roulement (BFR). Ces fluctuations sont cruciales car elles influencent la capacité d’Alstom à rester dans les critères de notation fixés par Moody’s. Barclays note aussi que l’exécution opérationnelle reste défaillante, ce qui complique l’amélioration de la situation, et suggère que le bilan devra probablement être renforcé pour faire face aux défis. La publication complète du second semestre 2026 illustre ces problèmes sans solutions rapides à l’horizon.
À noter que le besoin en fonds de roulement correspond à la somme nécessaire pour financer le cycle d’exploitation de l’entreprise, incluant les stocks, les créances clients et les dettes fournisseurs. Ces variations impactent directement la trésorerie disponible et, par conséquent, la solidité financière perçue par les agences de notation.
Analyse détaillée des marges et des flux de trésorerie
La marge d’EBIT ajustée de 6,1 % pour 2026 a permis à Moody’s de maintenir la notation d’Alstom au-dessus du seuil critique de 5 %. Ce résultat a été aidé par un apport exceptionnel des coentreprises chinoises non consolidées, un niveau relativement bas des provisions malgré certains problèmes signalés et la constitution d’actifs contractuels supplémentaire. Par ailleurs, le flux de trésorerie disponible positif de 336 millions d’euros selon la définition d’Alstom correspond à environ 70 millions d’euros selon Moody’s, juste au-dessus du seuil qui pourrait entraîner une dégradation de la notation. Ce flux bénéficie aussi d’effets ponctuels de plus de 500 millions d’euros liés aux fluctuations des stocks et des dettes fournisseurs au second semestre.
En tenant compte de ces données, Barclays a revu à la baisse ses estimations d’EBIT ajusté de 5 à 8 % et maintient une recommandation « sous surveillance » avec un objectif de cours nettement plus bas, à 10 euros par action.
Les enjeux pour 2027 et au-delà
Selon Jefferies, l’attention est désormais tournée vers la capacité d’Alstom à mettre en œuvre son plan révisé et à gérer les défis liés au flux de trésorerie disponible, particulièrement au premier semestre 2027, traditionnellement difficile du fait de la saisonnalité. Malgré un carnet de commandes robuste et croissant, avec des marges brutes améliorées grâce à une meilleure sélection des projets et un mix produit optimisé, des incertitudes demeurent concernant la capacité à bien exécuter ces plans. Le risque principal reste donc la faiblesse du flux de trésorerie et son impact sur la solidité financière.
Perspectives financières et marché
Depuis 2023, Alstom a déjà émis deux avertissements sur ses résultats, ce qui a alimenté les inquiétudes des investisseurs. Contrairement aux anticipations de certains, le groupe exclut pour l’instant un recours à une augmentation de capital. Le directeur financier Bernard Delpit a affirmé que les principaux indicateurs financiers suivis par Moody’s restent alignés avec les prévisions pour 2026 et 2027. Malgré cela, l’action a perdu 33 % depuis le début de l’année, témoignant de la prudence du marché face aux incertitudes opérationnelles et de trésorerie.
Cet article est fourni à titre informatif et éducatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement au sens de l’article L321-1 du Code monétaire et financier. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine pour une recommandation personnalisée.
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