À l’attention de Monsieur le Président de la République, un parent ne devrait jamais avoir à écrire ces lignes, mais nous le devons à nos enfants. Nous sommes #MeTooÉcole. La voix de parents, de citoyens, d’enseignants unis dans un même combat : lutter contre les violences faites aux enfants dans les écoles. Tout commence par des pleurs, des peurs, des cauchemars ou des comportements inhabituels. On relativise… jusqu’au jour où une information révèle que ces changements sont les conséquences de violences physiques, morales ou sexuelles.
Les violences invisibles dans les écoles
Comment imaginer que l’on puisse confier son enfant à l’école en toute confiance et que de tels actes puissent y être commis ? Comment accepter que des signalements aient été faits mais qu’aucune action n’ait été prise, laissant l’omerta et l’impunité régner ? Derrière ces faits, c’est toute une culture de la gifle, du « ce n’est pas si grave », qui continue de protéger les adultes plutôt que les enfants. Les parents se retrouvent désemparés, seuls avec leur incompréhension face à des institutions qui ne veulent pas faire de vagues.
La douleur des enfants est ignorée et occultée. L’enfant, lui, est prié de retourner en classe, comme si sa douleur et sa parole n’avaient aucune valeur. Pourtant, depuis plus de dix ans, des rapports s’accumulent. Les rapports de la Cour des comptes, de l’Inspection générale de la Ville de Paris, de la Ciivise, commissions d’enquête comme à la suite du scandale Bétharram documentent les mêmes manquements. Tous alertent, et pourtant… les textes prennent la poussière, les enfants subissent.
Un appel à l’action immédiate
Ce qui manque, c’est un signalement immédiat. Ce qui manque, c’est un protocole efficient. Ce qui manque, c’est du courage institutionnel. Vous avez les moyens de changer les choses. Voici quelques propositions pour transformer notre système éducatif :
- Contrôle systématique des antécédents et formation obligatoire.
- Protection des professionnels lanceurs d’alerte pour ne plus avoir peur de signaler.
Il est essentiel d’instaurer un protocole clair pour chaque école. Cela comprend la protection immédiate de l’enfant, et la création d’une commission parlementaire indépendante dotée de pouvoirs étendus. Une enquête administrative et un audit national des écoles et structures périscolaires, en commençant par Paris, sont indispensables.
Créer un espace de sécurité et de confiance
Nous avons besoin de créer un observatoire indépendant chargé de la traçabilité de tous les signalements et du suivi judiciaire. Cela doit s’accompagner de la création d’unités médicales spécialisées dans le recueil et la sécurisation de la parole des enfants.
L’école doit redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un lieu où l’on apprend à grandir, à s’épanouir et à devenir citoyen, et non à survivre à un traumatisme. Tant que des enfants continueront à être maltraités, l’école française restera loin de sa promesse républicaine.
Une demande urgente au Président
Madame Brigitte Macron, vous avez fait de la lutte contre le harcèlement scolaire un engagement public fort. Monsieur le Président, vous avez fait de grandes causes nationales des combats collectifs. Aujourd’hui, agissez pour la protection des enfants dans les écoles et structures périscolaires de France.
Votre volonté peut faire basculer un système qui s’enlise depuis trop longtemps. Nous vous demandons une prise de parole et des actions fortes, car un pays qui ne protège pas ses enfants renonce à son avenir.
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