À partir du 1er mai 2026, les agents du ministère de l’Éducation nationale seront dans l’obligation de souscrire à une complémentaire santé proposée par la MGEN. Cette nouvelle mesure suscite de vives inquiétudes et des réactions désapprobatrices parmi les enseignants et les personnels de l’éducation. En effet, la mutuelle Education nationale pourrait entraîner des frais supplémentaires, tout en offrant des garanties jugées moins avantageuses. Ce changement, imposé par le gouvernement, est perçu comme une atteinte à la liberté de choix des agents, qui voient leur couverture santé se dégrader alors que leurs conditions de travail ne cessent de se détériorer.
Les conséquences de l’imposition de la mutuelle MGEN
Cette réforme, voulue par Emmanuel Macron, impose aux agents de l’Éducation nationale de rejoindre la mutuelle Education nationale, gérée par MGEN, qui a été choisie suite à un appel d’offres unique. Les préoccupations semblent justifiées, car plusieurs enseignants ont déjà signalé des augmentations de coûts pouvant atteindre 40 euros mensuels pour des garanties similaires à celles de leurs mutuelles actuelles. Ce passage à la MGEN suscite de lourdes critiques sur la qualité de la couverture proposée.
Guillaume, un professeur, constate des pertes financières pouvant aller jusqu’à 347 euros par an pour lui et 429 euros pour l’État. Ces chiffres révèlent une tendance alarmante : les enseignants, déjà souvent mal rémunérés, devront payer plus pour une protection sociale inférieure. La situation devient particulièrement préoccupante pour les remboursements dentaires et oculaires, ainsi que pour les consultations en orthophonie.
Des choix limités et des coûts accrus
À partir de maintenant, les agents devront choisir parmi trois formules proposées : un socle de base, l’option 1 ou l’option 2. Cependant, de nombreux retours d’expérience indiquent que le socle est perçu comme insuffisant, entraînant des critiques acerbes sur cette nouvelle imposition. Evelyne, une institutrice, souligne qu’il est difficile de trouver des garanties équivalentes à un prix raisonnable. Elle affirme qu’opter pour l’option 1 l’exposerait à des frais supplémentaires de 100 euros par mois par rapport à sa mutuelle actuelle.
“C’est une aberration !”, s’écrie-t-elle. Cet état de fait s’accompagne d’une préoccupation plus large sur l’évolution des garanties, notamment en ce qui concerne la prévoyance, dont les tarifs ne seront définis qu’à une date ultérieure. Ce flou ne fait qu’ajouter à l’anxiété des agents qui se retrouvent maintenant avec moins d’options et plus de coûts.
Vers une privatisation du secteur public ?
Les syndicats, comme le Snes-FSU, dénoncent cette réforme comme un passage vers une marchandisation accrue de la sécurité sociale. Ils considèrent que cette mesure romprait les solidarités tant inter qu’intra générationnelles et pourrait mener vers un système de santé dual, où seuls les plus riches bénéficieraient d’une couverture convenable. Selon le député Paul Vannier, cette situation pourrait créer de nouveaux déséquilibres économiques et sociaux au sein de la fonction publique, où les enseignants se voient contraints d’accepter des garanties inférieures aux autres ministères.
« La MGEN est liée à CNP Assurances, un acteur privé qui pourrait profiter de cette situation au détriment de l’État et des agents », explique-t-il. Les retours d’expérience des employés de l’éducation nationale indiquent que cette réforme pourrait transformer radicalement le paysage de la couverture maladie.
Conclusion : action et mobilisation
Face à cette décision que beaucoup jugent injuste, les agents de l’éducation nationale commencent à s’organiser. Un formulaire en ligne incitant à témoigner de leur situation a déjà recueilli près de 2000 témoignages en moins de 24 heures. Cela montre un tissu de mécontentement et une volonté de défendre leurs droits. La mutuelle Education nationale ne doit pas se faire au détriment de la santé financière et physique des enseignants.
Pour rester informé sur cette question et ses répercussions sur la fonction publique, il est essentiel de suivre les évolutions et de participer aux débats en cours.
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