Comment ne pas flancher avec une exposition appelée « All About Love »? En période de telles tensions, une expo hymne à l’amour fait du bien. L’œuvre de Mickalene Thomas est ludique, pop, pleine de peps jazzy, sexy, généreuse et profonde, tout sauf tartouille, en rien conventionnelle. Mickalene Thomas exalte l’amour de son prochain en général, de sa prochaine en particulier, de la femme noire plus précisément. M. T. célèbre la beauté, la force, la désirabilité de la femme quelle que soit sa condition, quels que soient son âge ou la plastique de son corps. Mickalene Thomas est une icône de l’art contemporain, preuve en est sa présence au Grand Palais.
Une exposition vibrante au Grand Palais
Trois femmes en sont les hôtes. Éva Jospin et ses royaumes en carton enrichis de broderies, truffés de références, et Claire Tabouret, artiste-conteuse, exposent grandeur nature les dessins préparatoires à ce que seront les six futurs vitraux de Notre-Dame de Paris. La surprise vient de la troisième femme, ne pas y voir un classement. L’expo de M. T. est celle que personne n’attendait, voulue par le Merlin l’enchanteur patron du Grand Palais, l’habile et audacieux stratège Didier Fusillier.
Si le travail de M. T. n’était que peinture bling-bling, collages (très néocubistes), découpages, assemblages, pixélisation, photographies, vidéos et installations avec paillettes et strass à gogo (matériaux pas chers car Mickalene était sans moyens), son œuvre ne serait que déco joyeuse, kitsch et branchée. Sauf que derrière chaque œuvre, il y a un uppercut, la mise en iconisation de femmes noires, rarement regardées, à peine considérées.
Un message fort pour un combat universel
Dans l’œuvre de Mickalene Thomas, des assemblages de vies : les siennes, celles des autres, les nôtres. M. T. déclare, « Nous sommes des morceaux que nous essayons d’unir, de rassembler. Dans mes portraits, je mixe plusieurs personnes parce que nous sommes pluriels. » Son œuvre est conçue pour nous faire baisser les armes, celles de nos réticences, de nos a priori, de notre capacité à rejeter. Devant ses portraits, on swingue de loin mais, de près, on réfléchit ou retient ses larmes, comme devant ce montage vidéo de chanteuses incluant la diva poignante Eartha Kitt, disco dehors, dévastée dedans.
Mickalene Thomas n’oublie pas les pionnières de la cause féminine noire américaine qui ont ouvert la voie. Née en 1971 dans le New Jersey, M. T. est un symbole pour les générations nouvelles, une guerrière à l’œuvre flashy. Son travail est un hommage à toutes celles qui ont lutté pour leurs droits et leur place dans la société.
Une artiste aux multiples facettes
La glamour girl à l’œuvre éclatante est une guerrière dont les tableaux, vigoureux et colorés, se heurtent à l’ignorance, au mépris, à l’oppression et à l’intolérance. Les œuvres de Mickalene Thomas semblent festives, mais elles portent un message profond. Au-delà de la beauté qui éblouit, chaque pièce reflète la lutte incessante pour la reconnaissance et la dignité.
Dans une période où le racisme et le sexisme persistent, sa voix résonne avec force. Elle ne se considère pas comme militante, mais son œuvre et son parcours donnent de l’espoir. M. T. est un phare pour beaucoup, montrant que l’art peut être un moyen puissant de provoquer des réflexions et de catalyser le changement.
Une exposition à ne pas manquer
Mickalene Thomas « All About Love » est une exposition qui doit être vécue. Organisée par le Grand Palais, la Hayward Gallery à Londres et Les Abattoirs musée – Frac Occitanie Toulouse, elle sera accessible jusqu’au 5 avril. M. T. incarne la beauté, la force et le courage des femmes noires, et cette exposition est une célébration de tout ce qu’elles représentent.
À travers son art, M. T. offre une fenêtre sur un monde où chaque femme est célébrée et valorisée, un lieu d’amour et d’acceptation. Tels des feux de joie, ses œuvres illuminent les esprits et les cœurs des visiteurs, les invitant à réfléchir à la richesse et à la diversité des expériences humaines.
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