Le groupe mutualiste Groupama a dévoilé des résultats financiers exceptionnels pour 2024 lors d’une conférence de presse. Le groupe a enregistré un bénéfice net historique de 961 millions d’euros, en hausse de 52 %. Ces performances illustrent la robustesse du groupe dans un contexte économique et climatique complexe. Les résultats détaillés sont accessibles sur le site officiel de Groupama.
Des résultats financiers en forte progression
Groupama affiche un chiffre d’affaires de 18,5 milliards d’euros, soit une progression de 8,9 % par rapport à 2023. Cette croissance s’appuie sur :
- Assurance de biens et responsabilité : +5,2 %
- Santé-prévoyance : +15,2 %
- Épargne-retraite : +8,1 %
Thierry Martel, directeur général de Groupama Assurances Mutuelles, a attribué ces résultats solides à une gestion prudente pendant et après la crise du Covid. Cette stratégie de provisionnement et de tarification permet aujourd’hui des performances techniques de qualité.
Baisse de la sinistralité climatique, mais impact des émeutes
Si la sinistralité climatique a diminué par rapport à 2022 et 2023, elle reste marquante. Avec une charge brute de réassurance atteignant 804 millions d’euros, 2024 est la troisième année la plus coûteuse de la décennie. Groupama continue de couvrir environ 15 % des sinistres du marché climatique, selon Olivier Péqueux, directeur général adjoint aux finances.
Cependant, ce sont les émeutes en Nouvelle-Calédonie qui ont marqué un autre coup dur. Ces événements ont coûté au groupe 160 millions d’euros en brut, impactant les ratios combinés. Selon des projections analysées par Le Monde – Assurance et risques climatiques, les émeutes marquent une crise importante pour ce territoire. En effet, il y a près d’un milliard d’euros de pertes pour les assureurs. Thierry Martel a réitéré l’importance de mesures adaptées et attend des annonces de Matignon afin de mieux encadrer l’assurance des émeutes.
France : une croissance portée par la santé-prévoyance
En France, Groupama atteint un chiffre d’affaires de 15,2 milliards d’euros (+8,9 %). Les dynamiques les plus significatives concernent :
- Santé-prévoyance : +14,8 %, soutenue par la santé collective en hausse de 23,5 %. Les données sur le développement de ce secteur sont contextualisées par l’INSEE – Santé collective et assurance.
- Assurance de biens et responsabilité : +4,3 %, soutenue particulièrement par la progression des assurances pour entreprises et collectivités (+8,1 %), mais également par des hausses en habitation (+5,1 %).
- Épargne-retraite : +9,7 %, avec une orientation forte vers les unités de compte (+22,5 %).
Concernant les révisions tarifaires, les hausses en auto et habitation ont été en moyenne de 6 à 8 % en 2024. Cette tendance devrait se poursuivre en 2025. Ces ajustements permettent de garantir des portefeuilles à l’équilibre technique, surtout dans des zones à risques comme Marseille.
Développement à l’international
À l’international, le groupe enregistre un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros, soit une progression de 8,3 %, qui repose surtout sur :
- La Hongrie : +19,1 %
- La Roumanie : +7,4 %
- L’Italie : +5,9 %
Ces résultats, majoritairement portés par l’assurance de biens et responsabilité (+15,6 %), montrent la force des filiales internationales dans des marchés en expansion.
Ratio de solvabilité et perspectives
Un des défis stratégiques du groupe en 2024 reste la baisse de son ratio de solvabilité. Celui-ci diminue de 12 points, passant de 197 % en 2023 à 185 % en 2024, selon les données de l’Autorité de Contrôle Prudentiel. Cela est dû à une révision de la structure d’investissement combinée à un écartement des risques souverains. Avec la mesure transitoire sur les provisions techniques, ce ratio s’établit toutefois à 241 %.