En matière de quête alimentaire, la stratégie nationale alimentation est à présent un enjeu crucial pour les politiques publiques. Les chiffres sont alarmants : 17% des Français souffrent de surpoids, tandis que 16% éprouvent des difficultés d’accès à une alimentation de qualité. Face à cette situation, le gouvernement met en place une feuille de route ambitieuse visant à trancher sur la manière dont nous consommons, produisons et gérons nos repas jusqu’en 2030. Cet article explore les principales recommandations et les implications de cette stratégie sur la santé publique et l’environnement.
Un impératif pour la santé publique
La stratégie nationale alimentation ne se contente pas de proposer des mesures incitatives ; elle vise également à encadrer les pratiques alimentaires au sein de la société. La santé publique se trouve au cœur de cette initiative. Ainsi, le gouvernement souhaite réduire la consommation de viande et de charcuterie, orientant les consommateurs vers des options plus durables comme les légumineuses. En promouvant une alimentation variée et équilibrée, le but est d’abaisser les taux de surpoids et d’obésité qui pèsent sur notre système de santé.
Les autorités prévoient également un encadrement strict des publicités ciblant les enfants. Les campagnes marketing numériques et traditionnelles seront revues pour limiter l’exposition des jeunes à des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés. Un changement nécessaire, considéré comme « indispensable » pour l’éducation alimentaire des générations futures.
Un étiquetage clair pour consommateurs éclairés
Au cœur de cette stratégie nationale alimentation figure l’extension du Nutri-Score. Actuellement visible sur les emballages de produits alimentaires, ce système sera expérimenté dans des milieux non pré-emballés et dans la restauration hors foyer. Cette initiative vise une plus grande transparence pour les consommateurs, afin qu’ils puissent faire des choix éclairés. De plus, un nouvel affichage environnemental devrait voir le jour, permettant de visualiser l’impact climatique de nos achats alimentaires.
Cela représente une première étape vers une consommation durable, mais le caractère obligatoire de cette mesure reste à définir. Pour l’instant, cette nouvelle méthode d’étiquetage sera volontaire, mais l’objectif reste d’encourager les fabricants à adopter une plus grande transparence.
Réglementation dans la restauration collective
La mise en œuvre de la stratégie nationale alimentation inclut également des mesures réglementaires concernant la qualité nutritionnelle des repas servis dans les crèches, EHPAD, et établissements pénitentiaires. Cette approche vise à garantir que ces populations vulnérables bénéficient d’une alimentation appropriée, favorisant ainsi un meilleur accès à des produits de qualité.
Cette initiative se traduit par une compliance obligatoire avec les normes de qualité imposées par la loi EGAlim, garantissant que 50% des produits proposés soient d’origine durable, avec une portion de produits bio atteignant 20%. Or, la loi actuelle ne s’applique pas encore à la restauration commerciale, et cela constitue un balisage essentiel pour atteindre les objectifs de qualité nutritionnelle fixés.
Lutter contre le gaspillage alimentaire
Un autre axe majeur de cette stratégie nationale alimentation est la lutte contre le gaspillage. En France, 18% de la production alimentaire est actuellement gaspillée. En réponse, les autorités auront pour mission de renforcer les contrôles liés à la loi anti-gaspillage instaurée en 2016. Cela passe par des sanctions accrues pour les entreprises qui ne respectent pas les normes de gestion des surplus alimentaires et qui ne prennent pas part aux programmes de redistribution.
En intégrant ces mesures dans la feuille de route, le gouvernement espère réduire significativement les pertes tout en adoptant une approche plus circulaire vis-à-vis de la gestion alimentaire.
Vers une agriculture plus durable
La stratégie nationale alimentation touchera également au renforcement de l’agriculture durable. Le gouvernement ambitionne d’augmenter la part des produits bio dans la consommation jusqu’à atteindre 12% d’ici 2030, un objectif ambitieux quand on considère que la part actuelle ne dépasse pas 5.4%. Cela nécessitera des investissements conséquents et des incitations pour les agriculteurs afin qu’ils adoptent des méthodes de culture respectueuses de l’environnement.
Une agriculture qui répond aux attentes des consommateurs et qui veille à la préservation des ressources naturelles est indispensable à long terme. Le soutien à l’agriculture biologique et locale est essentiel pour bâtir un avenir alimentaire durable.
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